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Historique

Le Taekgyeon, qui remonte à plus de 2000 ans, est dit être à l'origine de tous les arts martiaux coréens et a été désigné «trésor culturel intangible n ° 76 ». C’est le seul art martial à être reconnu comme tel. Il a été officiellement structuré par Sin Han-seung et son maître Song Deok-Gi.

 

Il existe peu de documents concernant le Taekgyeon, mais de nombreuses références historiques dans les textes comme Goryeosa (Histoire de Goryeo), Sejongsillok jiriji (Géographie culturelle des Ecrit Véritable du roi Sejong), Jaemulbo (Dictionnaire des choses existant dans l'Univers), JoseonSanggosa (la petite histoire de la Corée), Donggukyeojiseungnam (étude d'ensemble de la géographie de la Corée) et d'autres, nous enseignent que le Taekgyeon a été promu par l'État comme un art martial pour la défense du pays. 

 

Extrait du livre «Joseonsanggosa»: «En Mars et Octobre de chaque année, il y avait un concours de danse de l'épée, tir à l'arc, deokgeon (Taekgyeon) durant le règne du roi Taejo (r. 918-943) de la dynastie Goryeo.»

 

Le Taekgyeon, qui a débuté au royaume de Goguryeo, a été la force qui a permis aux Hwarang (Chevaliers Nobles) d’unifier la péninsule coréenne en «Royaume uni de Silla» (57 avant JC - 935 de notre ère). 

 

En tant  qu’art martial, le Taekgyeon occupait une place prépondérante dans leur vie quotidienne. Au cours de la dynastie Goryeo (918-1392), il a été promu par l'État comme l'art martial officiel pour la défense du pays, et donc un sujet à l'examen national du service militaire. Pour les personnes expertes en Taekgyeon, cela pouvaient leur ouvrir les portes à des promotions et à des postes gouvernementaux.

 

Toutefois, avec le mépris croissant pour les arts martiaux pendant la dynastie Joseon (1392-1910), presque toutes les traces de cet art ont été perdues.  
 

Au cours de la dynastie Joseon, les priorités sont axées sur les études et l'éducation, et le Taekgyeon subi un déclin régulier. Quittant la caste des nobles et des militaires, le Taekgyeon est descendu dans les classes populaires qui se l’approprièrent et en firent un art très largement aimé et pratiqué. Les concours se multipliaient notamment les jours fériés comme Dano (le cinquième jour du cinquième mois lunaire), et l’art martial fut progressivement transformé en jeu populaire festif, permettant à la classe «roturière» de se retrouver, de faire la fête ensemble et d’oublier, le temps d’un instant, la dureté de la vie quotidienne.

 

En 1910, avec l'annexion de la Corée par le Japon et ses efforts visant à effacer la culture coréenne, le Taekgyeon a failli disparaître complètement. Quelques pratiquants ont été formés dans la clandestinité, cachés dans les montagnes pour éviter les arrestations par la police japonaise. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un effort pour préserver la forme originelle du Taekgyeon et de veiller à ce qu'il soit transmis aux générations futures, le gouvernement a offert  2,2 milliards de won de financement pour la construction d'une salle de Taekgyeon à Chungju, «TAEGKYEON JEON SU KWAN» la maison du Taekgyeon. La salle a été construite sur un site de 6828 m2  et comprend une surface totale au sol de 960 m2. 

La salle, qui a été consacré le 31 Mai 1997, sert de terrain d'entraînement au Taekgyeon, la racine des arts martiaux coréens

Qu'est-ce que le Taekgyeon?

Le Taekgyeon est un art martial traditionnel coréen. Noble et populaire, il se décrit comme un jeu folklorique à mains nues  développé tout au long de l’histoire de la péninsule coréenne et peut être considéré, de par son histoire, comme la forme originale de tous les arts martiaux à mains nues coréens.

 

Les mouvements du Taekgyeon sont fluides et effectués de manière détendue et naturelle avec des déplacements triangulaires rythmés nommés « Poombabgui ». Cela lui confère un air de danse si particulier. Pourtant ce calme visible peut être trompeur !


Le Taekgyeon est composé principalement de techniques de pied offrant une grande variété d’attaques possibles sur le corps de l’adversaire :

-Attaques des jambes avec des balayages.

-Fauchages/crochetages en passant par le ventre et la poitrine.

-Coups de pied médians jusqu’à la tête avec des coups de pied hauts sautés ou en appui sur le sol

Les coups de pied sont donnés de manière poussante & appuyée, moins douloureux que des coups de pied claquants. 

-Les mains sont plutôt utilisées pour saisir, pousser, tirer ou déconcentrer l’adversaire.

Le Taekgyeon est un système de combat ludique qui ne nécessite pas de porter d’équipement de protection et offre un risque de blessure minime en compétition. Il est adapté à tous les publics: des jeunes enfants aux pratiquants plus âgés. De nombreuses femmes l’apprennent, le trouvant moins violent que d’autres arts martiaux.

 

De nos jours, du fait de la simplicité et de la souplesse de ses mouvements, le Taekgyeon est souvent utilisé comme gymnastique ou exercice d’entraînement. 

 

 

            Les principes du Taekgyeon

 

Les principes fondamentaux du Taekgyeon peuvent être résumé comme ceci : le cercle, l'espace et les angles. Les mouvements de base du Taekgyeon sont fluides, continus et circulaires, formant ainsi une sorte de « danse de combat» gracieuse et esthétique.

 

Les mouvements de la main sont circulaires, en un flot continu et dans toutes les directions. Le cercle est l'expression bidimensionnelle d'une forme tridimensionnelle : la sphère. Comme les mains se déplacent dans un mouvement circulaire dans les différentes directions, elles forment une sphère dans l'air. 

 

La particularité des mouvements de Taekgyeon, parfois délibérément trompeurs, ne se trouvent pas dans d'autres arts martiaux. Ses techniques, qui comprennent les coups de pied, les coups de paumes et la chûte d'un adversaire, sont le résultat naturel de l'essence de cet art martial.


Le Taekgyeon est gracieux en apparence, avec des techniques simples mais précises qui créent un flux de mouvements fluides permettant de passer naturellement de l'attaque à la défense et vice versa. 

Cahier Technique

   Pumbalgi

 

Les déplacements de base du Taekgyeon sont particuliers et uniques, exécutés avec "ressort", légèreté rythmé par un flot de Kihap "IK,EK,EK..." qui font penser à une sorte de danse. Les étapes des déplacements (Pumbalgi) forment un schéma triangulaire, déplaçant les pieds en avant, à gauche et à droite. Le passage rythmé d'une posture à l'autre, avec les flexions de genoux font du pumbalgi une caractéristique unique du Taekgyeon, c'est pour cette raison, qu’il a également été appelé samgak bobeop, «technique de déplacement triangulaire».

 

Le Taekgyeon possède en gros deux positions : celle de base et celle transformée. Si la position de base appelée « Wonpum » consiste à être debout, pieds parallèles, le «Pum Balbgi», la position transformée, s'effectue en posant un pied devant. Cette dernière, formant un triangle, permet de donner une grande variété de coups de pied.

 

       Bondae boegi

 

L'enchaînement de Taekgyeon, où tous les mouvements peuvent être apprécier en un seul coup d'œil, est appelé bondae boegi.

Le Taekgyeon, comme le poomsae du taekwondo, est doté de formes codifiées combinant attaques et défenses.

Il est appris selon un schéma structuré, mais l'apprentissage terminé, on pratique le Bondae dans un autre esprit :

L'exécution spontanée de techniques reliées entre elles par les pumbalgi et les hwalgaejil. 

 

                    

 

Après une séquence de cris, les deux adversaires se font face et attendent leur chance alors que leurs mouvements semblent aussi naturels que la voile soufflée par le vent. La « danse des jambes et des bras » (Pumbalgi) du  Taekgyeon rappel l’oiseau qui bat des ailes, pour voler et virevolter dans les air. Tandis que le corps semble se balancer facilement, il peut fendre l'air pour lancer une attaque. Balançant les bras de haut en bas, ainsi que de gauche à droite, l'attaquant saisit son adversaire aussi soudainement que l’aigle sa proie. Il le saisit par la nuque, le balaye de ses pieds, le soulève soudainement et le fait chuter tout aussi rapidement. 

 

 

 

     L'entraînement au Taekgyeon

 

Sur la base de ces grands principes, le  taekgyeon propose principalement de renforcer les modes :

•pumbalgi, les déplacements rythmés

•hwalgaejil, les mouvements de bras

•sonjil, les techniques de "main"

•baljil, les techniques de "pied"

Comme de nombreux sports populaires, il n'était pas organisé en un système formel, mais, malgré un manque apparent d'ordre dans de la formation, on retrouvait systématiquemement trois "cycles" d'entraînement :

•la pratique solo, apprentissage des techniques, pratique des Bondae, de la respiration énergétique......

•la pratique duo, mise en application des techniques apprises en solo, développement des sensations, timing etc....

•le combat, mise en situation des applications vues en duo.